Journée d'étude : La chasse aux sorcières en Europe occidentale 1450 - 1700 et en terre de Saint-Hubert
Comité organisateur :
-Association des Cercles francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique : Claude Depauw et Jacques Toussaint
-Saint-Hubert d'Ardenne, Société régionale d'histoire, d'archéologie et de sauvegarde du patrimoine hubertin : Richard Jusseret
-Tiers-Lieu de Saint-Hubert : Guillaume Perin
Comité scientifique :
-Claude Depauw, président de l’ACfHAB
-Jacques Toussaint, secrétaire général permanent de l’ACfHAB
-Richard Jusseret, président de Saint-Hubert d'Ardenne
-Guillaume Perin, coordinateur du Tiers-Lieu de Saint-Hubert
Programme :
- 09 h 30 : Accueil des participants.
- 10 h 00 : Présentation de la journée par Richard JUSSERET, président de Saint-Hubert d'Ardenne, Société régionale d'histoire, d'archéologie et de sauvegarde du patrimoine hubertin, et par Claude DEPAUW, président de l’Association des Cercles francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique.
- 10 h 15 : La persécution de la sorcellerie en terre de Saint-Hubert au XVIIe siècle par Jean-Marie CULOT, amateur de l’histoire de Mirwart (ville de Saint-Hubert).
Évocation de la persécution, brutale, de la sorcellerie en Terre de Saint-Hubert : les initiatives du seigneur-abbé et de son administration, la réaction de la population allant jusqu’à la délation.
Et bientôt, un déplorable bilan de bûchers, noyades, pendaisons et bannissements : en une courte période, de 1610 à 1626, pas moins d’une trentaine de victimes.
- 11 h 00 : Questions/réponses.
- 11 h 15 : La chasse aux sorcières (XVe-XVIIIe siècles) : un sujet d’histoire ‘totale’ par Ludovic VIALLET, professeur à l’Université Clermont Auvergne.
À partir des années 1430-1440, et jusqu’au début du XVIIIe siècle, l’Occident a connu une série de vagues de procès menés contre les adeptes de la secte de Satan. L’invention d’un crime imaginaire, le crime de sorcellerie, véritable concentré des hantises des élites de la fin du Moyen Âge, a débouché sur la formation d’une psychose dont les ravages ont atteint leur paroxysme au tournant des XVIe-XVIIe siècles. La lecture de ce phénomène doit prendre en compte plusieurs facteurs, dans le champ des croyances, de la pastorale, mais aussi celui du ‘politique’ ou encore des ‘rapports de genre’ – puisque 70 à 80% des victimes ont été des femmes. Elle invite également à une réflexion sur la façon dont progressivement certains clercs et médecins ont appelé à discerner plus clairement les contours de la maladie mentale.
- 12 h 00 : Questions/réponses.
- 12 h 15 : Pause déjeuner libre en ville.
- 13 h 45 : La sorcellerie dans les légendes régionales par Franz CLEMENT, sociologue.
L’exposé consiste à montrer comment la problématique de la sorcellerie a pu pénétrer le monde déjà ancien des légendes régionales dans la Province de Luxembourg, essentiellement. L’auteur montrera à travers plusieurs récits légendaires comment apparaissent tout d’abord des figures liées à la sorcellerie, mais aussi certaines pratiques. Il insistera encore sur les connexions et les liens entre sorcellerie, religion et superstitions. La sorcellerie au sens large n’est en effet pas le seul fait de présumés sorciers ou sorcières, mais aussi de personnages à connotation biblique comme le diable ou les démons au sens plus large. Les pratiques de sorcellerie peuvent aussi s’apparenter à la magie ou être associées à la survenance d’événements à caractère inhabituel ou extraordinaire. La sorcellerie vue sous ces différents angles a pu être véhiculée de génération en génération et transmise par le biais de récits merveilleux ou imaginaires, susceptibles de modifications au fur et à mesure de leurs narrations et de leurs évolutions dans le temps.
- 14 h 30 : Questions/réponses.
- 14 h 45 : Entre histoire et mémoire : la marque des sorcières. Vers une histoire globale de la répression de la sorcellerie dans l’espace belge (Pays-Bas habsbourgeois, principauté de Liège) par Xavier ROUSSEAUX, professeur à l’Université Catholique de Louvain.
Les traces des pratiques de sorcellerie restent vivaces dans les mémoires locales et dans les récits familiaux. Ces traces s’expriment sous forme d’un récit simplifié, construit pour l’essentiel à partir des contes populaires des frères Grimm et globalisé par les entreprises médiatiques de Walt Disney ou des séries hollywoodiennes. Si le monde des sorciers tend aujourd’hui à présenter un visage émancipateur (Ma sorcière bien-aimée, Harry Potter à l’école des sorciers), à l’instar de la figure d’Anne Marson, l’imaginaire local reste construit à partir de la mémoire des procès, des bûchers et des victimes féminines : les sorcières. La communication est l’occasion d’une triple démarche : procéder à un bilan des travaux scientifiques enraciné dans l’histoire de l’espace belge (Pays-Bas habsbourgeois, principauté de Liège, Stavelot-Malmedy, duché de Bouillon) ; inscrire ce bilan dans l’histoire globale de la sorcellerie en Occident ; réfléchir sur les mouvements de « reterritorialisation » des « chasses aux sorcières » à travers les entreprises de réhabilitation des victimes et de leur visibilisation dans l’espace public (commémorations, érection de monuments, assignation de noms de rues), en s’interrogeant sur les fondements et les limites et de ces pratiques de réappropriation de l’histoire.
- 15 h 30 : Questions/réponses.
- 15 h 45 : Inquisition et sorcellerie à la fin du Moyen Âge par Benoît BEYER DE RYKE, historien et philosophe, collaborateur scientifique à l’Université Libre de Bruxelles.
L’association entre sorcellerie et Moyen Âge relève en grande partie d’une construction historiographique. Jusqu’au XIIIe siècle, la préoccupation principale de l’Église demeure la lutte contre l’hérésie, qui conduit à la mise en place de l’Inquisition. À partir de la fin du Moyen Âge, la sorcellerie est progressivement assimilée à une forme d’hérésie, notamment sous l’influence de la littérature démonologique, ce qui entraîne un renforcement des pratiques répressives. Toutefois, les grandes vagues de persécution se situent essentiellement à l’époque moderne et ne s’atténuent qu’au cours du XVIIe siècle. Cette communication propose d’analyser la genèse et les logiques de ce phénomène dans une perspective historique.
- 16 h 30 : Questions/réponses.
- 16 h 45 : Conclusions de la journée par Jacques TOUSSAINT, conservateur en chef-directeur hre du Tre.Ma à Namur, secrétaire général de l’ACFHAB.
- 17 h 00 : Mot de clôture par Claude DEPAUW, président de l’ACFHAB.
- 17 h 15 : Verre de l’amitié offert par Saint-Hubert d'Ardenne.
Publication :
Une publication reprenant le texte des communications sera publiée par l’Association des Cercles francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique en collaboration avec Saint-Hubert d'Ardenne, Société régionale d'histoire, d'archéologie et de sauvegarde du patrimoine hubertin.